L'agent qui lit mes 200 mails
à ma place,
chaque matin.
Je l'ai appelé Hermes. C'est un petit assistant que j'ai construit pour ouvrir ma boîte mail tous les matins à 7h, repérer les trois ou quatre vrais urgents, et ranger le reste. Quatre mois d'usage, 91 % de précision, environ 4 heures gagnées par semaine. Et oui, je raconte aussi le jour où il a répondu à ma mère comme à un prospect. Tuto pas à pas pour quelqu'un qui n'a jamais codé.
Ce que tu vas apprendre
- Ce que fait Hermes — il ouvre ma boîte mail, repère les vrais urgents, range le reste en trois ou quatre dossiers, et écrit des brouillons de réponse pour les cas faciles. Je relis, je clique, j'envoie.
- Le gain mesuré — sur quatre mois d'usage, environ 200 mails par jour traités, 91 % bien rangés, 4 heures gagnées par semaine sur le tri. Pas une promesse marketing, mes vrais chiffres.
- Comment le construire — un compte chez l'IA (Claude ou ChatGPT), une connexion à Gmail, un texte qui explique tes règles à l'agent. Compte un samedi après-midi pour la première version.
- Pour qui c'est utile — boîte mail saturée (50+ mails/jour), envie de récupérer ton matin, à l'aise pour copier-coller. Si tu as 10 mails par jour, ne perds pas ton temps.
- Mon avis honnête — c'est l'outil qui m'a fait économiser le plus de temps en 2026. Mais j'ai eu trois ratés sérieux en chemin, je te les raconte tous pour que tu ne les répètes pas.
- Transparence : article écrit avec Claude (Anthropic), relu et validé par moi. Hermes lui-même tourne avec Claude. Si tu repères une erreur, écris-moi, je corrige.
Quatre mois avec Hermes.
Avant de te vendre la magie, je veux te raconter comment ça s'est vraiment passé. Pas la version « tout va bien » des vidéos YouTube. La version où je galère, où je casse des choses, et où je finis par trouver ce qui fonctionne.
Décembre 2025. Je suis à 200 mails par jour en moyenne, entre les notifications que j'ai laissées s'accumuler, les newsletters que je ne lis jamais vraiment, les vrais clients qui m'écrivent, les démarcheurs en cold email (des emails de prospection qu'on reçoit sans les avoir demandés). Je passe environ 1 heure par matin à trier. Multiplié par 5 jours, c'est 5 heures par semaine. Sur l'année, c'est l'équivalent de six semaines de travail à plein temps. Pour trier des mails. Au-secours.
Je décide de construire un petit assistant. Je n'avais jamais fait ça. Je suis entrepreneur, pas développeur. Mais en 2026, tu peux construire ce genre d'outil avec une IA qui te tient la main (j'ai utilisé Claude, l'IA d'Anthropic, pour m'aider à écrire chaque ligne — j'expliquerai comment plus bas). Le premier prototype tient en un samedi après-midi.
Les chiffres réels après quatre mois
Les trois consignes qui ont vraiment fonctionné
L'agent ne fait pas de magie. Il fait exactement ce que tu lui dis, à condition que tu le dises bien. Voilà les trois règles que j'ai fini par valider après plein d'essais ratés. Garde-les en tête, on y reviendra dans le tuto.
Règle 1 — « Urgent » seulement si c'est vraiment urgent
Étiquette comme « urgent » uniquement si l'expéditeur me demande une action concrète dans les 48 heures ET si c'est un client qui me paie. Le « ET » est crucial — sans lui, l'agent étiquetait 80 % des mails en urgent. Avec, on est tombé à 5 %, ce qui correspond à la réalité de ma boîte.
Règle 2 — « Plus tard » pour les newsletters jamais ouvertes
Étiquette comme « à lire plus tard » toute newsletter que j'ai ouverte moins de 2 fois sur les 5 derniers envois. C'est le tri honnête : si tu n'as pas pris la peine de l'ouvrir 3 fois sur 5, c'est que ce n'est pas une priorité. Je me désabonne en lot une fois par mois.
Règle 3 — « Spam doux » pour les démarchages déguisés
Étiquette comme « spam doux » tout mail dont l'objet contient plus de 2 émojis OU un pourcentage de réduction. Étonnamment précis. Ce sont les démarchages qui passent les filtres anti-spam classiques mais qui n'ont rien à faire dans ta boîte principale.
Et puis le jour où Hermes a répondu à ma mère
Je dois te raconter celui-là. Au bout de deux mois, je trouve que c'est tellement bien qu'il classe mes mails que je décide de lui donner un nouveau pouvoir : écrire et envoyer les réponses simples tout seul. Pas seulement préparer un brouillon — vraiment envoyer. Pour les cas où c'est juste « ok merci », « bien reçu », « on en reparle la semaine prochaine ». Tu vois le genre.
Premier jour. Tout va bien. Deuxième jour, je vois passer un mail de ma mère dans l'historique. Elle m'écrit : « Bonjour mon Jérémy, on déjeune dimanche avec ton frère ? Bisous Maman. » Réponse de Hermes : « Bonjour Madame Sagnier, je vous remercie pour votre proposition. Pourriez-vous m'indiquer votre disponibilité plus précise afin que nous puissions caler un créneau ? Cordialement, Jérémy. »
Le ton complet d'un commercial qui parle à un prospect chaud. À sa propre mère. J'ai coupé la fonction d'envoi automatique dans la minute. J'ai appelé maman pour rire avec elle, mais elle n'a pas tellement ri. Et j'ai ajouté une règle nouvelle : l'agent prépare des brouillons, il n'envoie jamais tout seul. Toujours. Sauf si je clique. Voilà ma cicatrice. Apprends de la mienne, n'apprends pas de la tienne.
Ce que tu retiens de cette histoire
Un agent fait exactement ce que tu lui dis, sans bon sens. Si tu lui donnes le pouvoir d'envoyer, il enverra. Si tu lui donnes le pouvoir de supprimer, il supprimera. Tant que tu n'es pas sûr à 100 %, garde-le en mode « propose, je clique ». Mode actif uniquement sur des actions vraiment réversibles, comme étiqueter ou archiver.
Trois choses utiles qu'il fait pour moi.
Quand je dis « agent qui trie les mails », ça reste flou. Voilà les trois cas concrets que Hermes me résout chaque jour. Si l'un d'eux résonne avec ton quotidien, c'est probablement que ça vaut ton après-midi de samedi.
Le tri du matin
Séparer les vrais urgents du bruit
Avant : j'ouvre Gmail, je vois 47 mails non lus, je les parcours tous, je décide à chaud, je rate parfois un mail important noyé dans le bruit. Après : Hermes a déjà tout étiqueté à 7h. J'ouvre la vue « urgent », je vois 3 ou 4 mails, je les traite en 10 minutes. Le reste attend l'après-midi ou le lendemain.
Gain mesuré : 45 minutes par matin. C'est l'équivalent d'une grasse matinée gratuite chaque semaine. Sur quatre mois, ça représente exactement 60 heures de ma vie que je n'ai pas passées à trier des mails. C'est un long week-end gagné.
Coût d'installation : un samedi après-midiLes brouillons faciles
Écrire les réponses « ok merci, bien reçu »
Pour les mails de confirmation simples (un client qui dit merci, un fournisseur qui envoie une facture, un partenaire qui accuse réception), Hermes prépare un brouillon dans Gmail. Je l'ouvre, je relis, j'envoie. Trois secondes au lieu de trente. Pour 20 mails par jour de ce type, c'est 9 minutes gagnées tous les jours.
Le point clé : il prépare, il n'envoie jamais. Voir l'incident avec ma mère plus haut. Toujours valider d'un clic, jamais d'envoi automatique. Cette règle n'est pas négociable.
Volume traité : ~ 20 brouillons / jourLe grand rangement
Classer les mails reçus dans des dossiers thématiques
J'ai trois grands dossiers actifs : « clients », « fournisseurs », « veille ». Hermes range chaque mail entrant dans le bon. Quand je cherche une info trois mois plus tard (« quelle était la facture du graphiste de mars ? »), je vais directement dans « fournisseurs » au lieu de fouiller toute la boîte.
Le bénéfice caché : ma boîte de réception ne contient plus que les choses récentes et non traitées. Plus jamais ce sentiment de ne plus voir le fond de l'océan. C'est mental, c'est invisible dans les chiffres, mais c'est sans doute le plus précieux.
Précision moyenne : 91 %Comment ça marche, vraiment.
Tu vas voir, ce n'est pas magique. Si tu comprends comment fonctionne un assistant humain, tu vas comprendre Hermes. C'est exactement la même logique, juste avec un ordinateur à la place du cerveau.
L'analogie qui parle
Imagine que tu engages un nouvel assistant. Le premier jour, tu lui dis : « Voilà ma boîte mail. Voilà mes règles : un mail de tel client, c'est urgent. Une newsletter, tu mets dans ‘plus tard’. Un démarchage, tu archives. » Tu prends 30 minutes pour lui expliquer, tu lui montres dix exemples concrets, tu lui dis ce que tu attends.
Le lendemain, ton assistant arrive à 7h, ouvre ta boîte, applique tes règles. Quand il a un doute, il te met le mail de côté pour que tu décides. Au bout d'une semaine, tu corriges deux ou trois choses (« non, ce client-là c'est pas urgent en fait »), et c'est calé.
Hermes, c'est exactement ça. Sauf que ton « assistant » est une IA. Et que tu ne lui parles pas, tu lui écris ses règles dans un texte qu'on appelle « le prompt système » (l'équivalent du contrat de travail de l'assistant — la liste des règles qu'il doit suivre tout le temps, dans tous les cas).
Les trois ingrédients (et c'est tout)
Ce dont Hermes a besoin pour fonctionner
- Un cerveau — l'IA elle-même. Tu en choisis une (Claude, ChatGPT, ou une IA gratuite installée chez toi). C'est elle qui lit chaque mail et décide.
- Des outils — la connexion à Gmail. C'est ce qui permet à l'IA de lire les mails, d'ajouter des étiquettes, de préparer des brouillons. Sans ça, l'IA est aveugle.
- Une consigne claire — le prompt système. Le texte de 20 à 50 lignes qui explique tes règles à l'IA. C'est là que tout se joue.
Quand tu démarres Hermes, voilà ce qui se passe en coulisses, pour de vrai :
- L'agent ouvre ta boîte mail (via la connexion Gmail) et récupère les mails non lus.
- Pour chaque mail, il l'envoie à l'IA en disant : « Voilà ce mail, voilà mes règles, dis-moi quelle étiquette tu lui colles. »
- L'IA répond : « Étiquette = urgent » (ou à lire plus tard, ou veille, etc.).
- L'agent applique l'étiquette dans Gmail (via la même connexion).
- Si c'est un mail qui mérite un brouillon de réponse, l'IA l'écrit, l'agent le pose dans Gmail comme brouillon. Tu vois apparaître la petite mention « brouillon » dans Gmail le matin.
Voilà. Pas de magie. Pas de robotique avancée. Juste une IA qui lit du texte, applique tes règles, et coche des cases dans Gmail à ta place.
Pourquoi je l'ai appelé Hermes
Hermes, dans la mythologie, c'est le messager des dieux. Le type qui transporte les nouvelles entre les mondes. C'était évident pour un agent qui passe sa vie dans ma boîte mail. Tu peux le rebaptiser comme tu veux — Jeeves, Alfred, Stuart, Postier-Pat — ça ne change rien à ce qu'il fait. C'est juste plus sympa de dire « Hermes a fait son tri » que « le script Python a tourné cette nuit ».
On construit ton Hermes.
Voilà la marche à suivre, telle que je la referais aujourd'hui en 2026. Compte une après-midi de samedi pour la première version, plus une heure de réglages la semaine d'après pour ajuster les règles. Je prends Mac comme fil rouge parce que c'est ce que j'ai. Sur Windows ou Linux, c'est exactement la même logique, je te le précise quand ça change.
Avant de commencer — la version honnête
Ce tuto demande de copier-coller, de créer 2 comptes, et de remplir un fichier texte. Si tu n'as jamais fait ça, c'est faisable. Si tu n'es pas à l'aise du tout avec un ordinateur, mieux vaut lire le bloc « Sans rien installer » tout en bas — tu auras 70 % du résultat en 2 minutes, et tu reviendras ici quand tu seras prêt à pousser plus loin. Pas de honte.
Créer un compte chez Anthropic (l'éditeur de Claude)
L'IA qui va faire le boulot, c'est Claude. C'est celle qui me donne les meilleurs résultats sur ce genre de tri (j'ai aussi essayé ChatGPT, c'est très bien aussi, choisis selon ce que tu connais déjà). Va sur console.anthropic.com. Clique sur « Sign up », mets ton email, vérifie via le lien reçu.
Une fois connecté, tu vas dans « API Keys » dans le menu de gauche. Clique sur « Create Key ». Donne-lui un nom (par exemple « Hermes mail »). Tu reçois une longue clé qui commence par sk-ant-.... Copie-la et garde-la précieusement — tu ne pourras plus jamais la revoir après. Colle-la dans une note locale sur ton ordi, jamais dans un mail.
Choisir comment tu connectes Gmail
Tu as deux voies, à choisir selon ton niveau de confort. Voilà la comparaison honnête, sans détour.
Voie A — Make ou Zapier (l'option « pas de code »). Tu crées un compte sur make.com (ou zapier.com). Ces outils servent à brancher des services entre eux par glisser-déposer, sans écrire une ligne de code. Tu connectes Gmail dedans (clic, autorisation Google), puis tu connectes Anthropic (en collant ta clé). Compte 30 minutes pour comprendre l'interface. Tarif gratuit jusqu'à 1 000 actions par mois — largement assez pour démarrer.
Voie B — Un petit script Python (l'option « j'aime bien comprendre »). Tu installes Python sur ton Mac (déjà présent, en fait), tu copies-colles un script de 50 lignes que je te donne plus bas, tu le fais tourner toutes les heures avec une commande système (cron sur Mac/Linux, Planificateur de tâches sur Windows — l'équivalent d'un réveil qui dit à ton ordi : « toutes les heures, lance ce script »). Plus de contrôle, mais demande de plonger dans un terminal.
Mon conseil pour ton premier Hermes : voie A. Tu auras quelque chose qui marche en 2 heures. Tu pourras toujours migrer vers la voie B dans 6 mois si tu veux plus de finesse.Connecter Gmail (5 minutes, voie A en exemple)
Sur Make, tu crées un nouveau « scénario ». Le premier bloc, c'est « Gmail · Watch Emails » (surveiller les mails). Tu cliques, tu autorises Make à se connecter à ton Gmail (Google te montre un écran de permission, tu acceptes). Tu choisis « Inbox » comme dossier à surveiller. Tu mets « toutes les 15 minutes » comme fréquence.
Le deuxième bloc, c'est « Anthropic · Send Message ». Tu colles ta clé API, tu choisis le modèle claude-haiku-4 (le plus rapide et le moins cher pour ce genre de tâche). Le troisième bloc, c'est « Gmail · Add Label » qui prend la réponse de Claude et applique l'étiquette correspondante.
Écrire la consigne (le prompt système) — la partie qui change tout
C'est ici que tu apprends à ton agent qui tu es, ce que tu attends, et comment tu fonctionnes. La qualité de ton tri à 91 % se joue à 80 % sur ce texte. Prends 30 minutes à le rédiger soigneusement. Voilà la trame que j'utilise, à adapter à ton cas.
Tu es Hermes, mon assistant qui trie ma boîte mail.
QUI JE SUIS : Jérémy Sagnier, entrepreneur basé à Nice.
Mes vrais clients sont : [liste 3-5 noms ou domaines email].
Ma famille proche utilise les emails : [liste].
Mes fournisseurs habituels : [liste 3-5 domaines].
POUR CHAQUE MAIL, ATTRIBUE UNE SEULE ÉTIQUETTE :
- "urgent" : action demandée dans les 48h ET expéditeur
client payant. Sinon non.
- "client" : email d'un de mes clients listés ci-dessus,
pas urgent.
- "famille" : email d'une personne de ma famille listée.
- "fournisseur" : facture, devis, ou échange avec
un fournisseur listé.
- "veille" : newsletter ou actu IA / business utile.
- "plus tard" : newsletter que je lis rarement, infos non
prioritaires.
- "spam doux" : démarchage commercial, plus de 2 émojis
dans l'objet, ou pourcentage de réduction.
RÈGLES IMPORTANTES :
1. Si tu hésites entre deux étiquettes, choisis la moins
prioritaire ("plus tard" plutôt qu'"urgent").
2. Tu ne réponds JAMAIS automatiquement aux mails. Tu
prépares des brouillons uniquement pour : confirmations
simples ("ok merci"), accusés de réception, refus polis
de démarchage.
3. Si l'email vient de ma mère, ma sœur, ou mon frère,
tu n'écris AUCUN brouillon. Je leur réponds toujours
à la main. (Petite blague entre nous : tu sais pourquoi.)
FORMAT DE RÉPONSE : retourne juste le mot de l'étiquette,
en minuscules. Rien d'autre. Pas de phrase d'explication.
Tu remplaces les [liste...] par tes vraies infos. Tu copies tout ce texte dans le bloc Anthropic de Make (champ « system prompt »). Le mail à analyser arrive en bloc « user message » via la variable Gmail.
Le secret, c'est la précision. « Urgent si client payant ET demande sous 48h » donne 91 % de précision. « Urgent selon ton intuition » donne 80 % de mails étiquetés en urgent. La règle simple : pas d'adverbes flous (« important », « pertinent », « pour toi »), des critères mesurables.Tester sur 10 mails en mode « observation »
Avant de laisser Hermes étiqueter ta boîte pour de vrai, tu vas le faire tourner en mode test. Sur Make, tu cliques sur « Run once » dix fois de suite, sur tes 10 derniers mails reçus. Tu regardes pour chaque mail : quelle étiquette propose Hermes ? Tu compares avec ce que toi tu aurais mis.
Si Hermes se trompe sur 1 ou 2 mails sur 10, c'est normal et acceptable, tu peaufineras les règles la semaine prochaine. Si Hermes se trompe sur 5 mails sur 10, ne lance pas le mode actif — retourne à l'étape 4, ton prompt système n'est pas assez précis. Ajoute des exemples concrets : « exemple : un mail de support@stripe.com qui dit ‘votre paiement est arrivé’ → étiquette = fournisseur ».
Garder un journal des erreurs aide. J'ai noté pendant 2 semaines toutes les erreurs de Hermes dans une note Apple. Au bout de 14 jours, j'ai vu les patterns et j'ai ajouté 3 règles précises au prompt. La précision est passée de 78 % à 91 % en une après-midi de réglages.Activer pour de vrai (mode étiquetage seul)
Quand ton test à 10 mails est bon, tu actives le scénario sur Make (gros bouton vert « ON » en haut). À partir de maintenant, toutes les 15 minutes, Make va lire tes nouveaux mails, demander à Claude de les étiqueter, appliquer l'étiquette dans Gmail. Tu n'as plus rien à faire.
Garde-le en mode étiquetage seul pendant deux semaines minimum. C'est-à-dire : il étiquette uniquement, il n'archive rien, il ne supprime rien, il n'envoie rien. Tu valides chaque jour que les étiquettes posées te conviennent. Si oui, tu pourras passer aux fonctions plus actives ensuite.
Surveille tes crédits Anthropic la première semaine. Tu vas voir combien il consomme exactement. Pour 200 mails par jour avec Haiku 4, je consomme environ 0,25 € par jour. Aucune mauvaise surprise.Ajouter les brouillons de réponse (uniquement après 2 semaines stables)
Si après 2 semaines tu es content du tri, tu peux passer au niveau au-dessus : laisser Hermes préparer des brouillons pour les mails simples. Tu ajoutes un nouveau bloc à ton scénario Make : « Gmail · Create Draft ». Le brouillon apparaît dans Gmail avec une petite mention « Brouillon » — tu l'ouvres, tu relis, tu envoies (ou tu jettes).
Tu modifies ton prompt système pour ajouter une instruction : « Pour les mails étiquetés ‘fournisseur’ avec une simple confirmation, écris un brouillon court : ‘Bonjour, bien reçu, merci. Bonne journée. Jérémy.’ ». Hermes prépare le texte, Make le pose dans Gmail comme brouillon. Aucun envoi automatique. Jamais.
Souviens-toi de l'incident avec ma mère. Mode brouillon = OK. Mode envoi auto = JAMAIS. La règle vaut même quand tu pousses ton agent à 6 mois d'usage et que tu lui fais entièrement confiance.Surveiller pendant le premier mois
Bloque 5 minutes chaque vendredi pour ouvrir l'historique de Make et regarder : combien de mails traités cette semaine ? Combien d'erreurs visibles ? Y a-t-il un type de mail qui tombe systématiquement dans la mauvaise catégorie ?
Au bout d'un mois, tu auras un tri qui tient à 90 %+ de précision, et tu auras récupéré ton matin. Ensuite, l'outil tourne en silence pendant des mois, sans toucher à rien. La maintenance, c'est 5 minutes par mois grand maximum.
Les soirs où Hermes plante (Make est en panne, l'API d'Anthropic est saturée), tu reçois un mail de Make qui te prévient. C'est rare — sur 4 mois j'ai eu 2 incidents, tous deux résolus en 1h sans rien faire de mon côté.Et voilà, tu as ton Hermes
Si tout s'est bien passé, tu as maintenant un agent qui ouvre ta boîte mail toutes les 15 minutes, qui étiquette automatiquement, qui prépare quelques brouillons, et qui te laisse 45 minutes de plus le matin. Tu peux faire pareil pour ton calendrier (« réserve un créneau pour cette demande »), tes contrats clients (« lis et résume-moi »), tes factures (« range-les par mois »). Mais commence par un seul cas. Maîtrise-le. Ensuite tu en ajoutes.
Les quatre erreurs que j'ai faites.
Je te les liste dans l'ordre où je les ai vécues. Aucune n'est catastrophique, mais chacune m'a coûté du temps que tu peux éviter. La règle générale : commence petit, surveille beaucoup, n'active une nouvelle fonction qu'après deux semaines stables sur la précédente.
Piège 1 — Envoyer ton historique de mails à une IA sans réfléchir
Tu vas peut-être avoir envie d'envoyer tes 5 000 derniers mails à l'IA pour qu'elle « apprenne ton style ». Stop. Quand tu envoies un mail à Claude ou ChatGPT, ces données passent par leurs serveurs. Tes contrats, tes infos clients, tes échanges sensibles — tout. Pour Hermes, je n'envoie qu'un mail à la fois, juste l'objet et un petit extrait du corps, juste pour le tri. Jamais l'historique complet. Si tu veux faire mieux, tourne en local avec Ollama (j'en parle dans l'article sur l'IA chez toi) — rien ne sort de ta machine.
Piège 2 — Vouloir 10 catégories d'emails dès le départ
Au début, tu vas vouloir trier finement : « urgent client A », « urgent client B », « brouillon facile », « brouillon moyen », « à transférer à Sophie », « factures plus de 500 € », etc. C'est la catastrophe assurée. L'IA hésite, se trompe, ta précision tombe à 60 %. Commence par 3 catégories maximum (par exemple : urgent / plus tard / archive). Quand tu as 95 % de précision sur 3, ajoute une 4ème. Puis une 5ème. Mon Hermes actuel a 7 étiquettes, mais j'ai mis 3 mois à y arriver, par paliers.
Piège 3 — Activer le mode actif sans tester sur des vrais mails
La tentation est forte : tu écris ton prompt système, ça marche sur 3 exemples que tu as inventés, tu cliques « ON » dans Make. Le lendemain, ton agent a archivé un mail important d'un client, tu ne le vois jamais, tu perds le client. Trois semaines plus tard, tu décortiques tout pour comprendre. Ne saute jamais l'étape 5 (test sur 10 vrais mails) du tuto. Et garde le mode étiquetage-seul pendant deux semaines minimum. C'est la seule règle qui te protège des catastrophes silencieuses.
Piège 4 — Oublier la maman (et tous les cas humains)
Mon célèbre incident. La règle : jamais d'envoi automatique, même pour les cas qui semblent triviaux. Tu peux préparer des brouillons, c'est génial. Mais l'humain doit toujours être le dernier maillon. Une IA n'a pas de bon sens — elle ne sait pas faire la différence entre « ma mère qui m'invite à déjeuner » et « un partenaire qui demande un rendez-vous ». Liste explicitement dans ton prompt système les cas où Hermes ne doit jamais répondre tout seul (famille, amis proches, sujets sensibles). Et même comme ça, garde le mode brouillon. Pas d'envoi auto. Jamais.
Pour qui c'est vraiment utile, pour qui non.
Je n'aime pas les articles qui te vendent un outil en disant « tout le monde devrait essayer ». Voilà ma matrice de décision, basée sur 4 mois d'usage et les retours d'une dizaine d'amis qui ont monté leur propre Hermes.
| Ton profil | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| Tu reçois 50+ mails / jour | Vas-y | Le retour sur investissement est immédiat. Tu vas gagner 1 à 4 heures par semaine selon ton volume. |
| Tu reçois 10-50 mails / jour | Si ça t'amuse | Le gain de temps est marginal (15-30 min/semaine). Mais c'est un super premier projet pour comprendre comment marchent les agents IA. Construis-le pour apprendre, pas pour gagner du temps. |
| Tu reçois moins de 10 mails / jour | Pas la peine | Tu vas passer plus de temps à le construire qu'il ne t'en fera économiser. Ce n'est pas pour toi, c'est pour les boîtes saturées. |
| Tu travailles sur des données ultra-sensibles (avocat, médical, secret pro) | Voie locale obligatoire | Pas Claude API. Tu installes Ollama et un modèle gratuit chez toi, comme expliqué dans l'article IA chez toi. Hermes existe en version 100 % locale, c'est juste un peu plus technique à monter. |
| Tu n'es vraiment pas à l'aise avec un ordi | Voie sans code | Va voir le bloc « Sans rien installer » en bas de cet article. Tu n'auras pas l'automatisation complète, mais tu auras 70 % du résultat avec un copier-coller dans Claude.ai. |
Si tu ne veux vraiment pas coder : trois alternatives prêtes à l'emploi
Si tu lis cet article et que tu te dis « bon, c'est trop pour moi, je veux juste que mes mails soient triés », il existe des outils tout faits qui font une partie du boulot. Honnêtement, ils sont moins puissants qu'un Hermes maison, mais ils marchent hors de la boîte.
SaneBox
L'historique. Tri automatique des mails non importants dans un dossier « SaneLater » que tu lis quand tu veux. Précis, simple, mais peu personnalisable. Bon point de départ.
Superhuman
L'option premium. Interface ultra rapide, fonctions IA pour rédiger les brouillons, tri intelligent. Cher, mais aimé par ceux qui passent leur vie dans leur boîte mail.
Spark Mail
Tri automatique de la boîte de réception en 3 sections : Personnel / Notifications / Newsletters. Pas d'IA personnalisée, mais un tri par défaut souvent suffisant. Et c'est gratuit.
Microsoft Copilot dans Outlook
Si tu es sur Outlook (et donc Microsoft 365), le Copilot intégré te résume les longs fils, propose des réponses, et trie. Moins fin qu'un Hermes maison, mais zéro installation.
Mon avis tranché : si tu veux juste « ne plus subir ta boîte », commence par SaneBox (7 €/mois, 5 minutes pour activer). Si tu veux vraiment apprendre à construire un agent et que l'idée d'un outil sur mesure te séduit, monte ton Hermes — c'est 100 fois plus instructif et 50 fois moins cher à long terme.
La version 2 minutes.
Si tout ce qui précède te paraît trop, voilà la version express qui te donne 70 % du résultat sans rien installer, sans créer de compte API, sans toucher à Make. C'est ce que je conseille pour le tout premier essai.
Trier 10 mails dans Claude.ai
1. Va sur claude.ai. Crée un compte gratuit si tu n'en as pas.
2. Crée un nouveau « projet » (bouton dans le menu de gauche). Appelle-le « Tri mails ».
3. Dans le projet, mets cette consigne dans le champ « Custom instructions » (les instructions personnalisées) :
Tu es Hermes, mon assistant qui trie ma boîte mail. Pour chaque mail que je te montre, classe-le dans : - urgent (action sous 48h, client payant) - plus tard (newsletter, info non urgente) - archive (démarchage, déjà traité) Réponds en une seule ligne par mail : "Mail 1 : urgent, parce que [raison courte]"
4. Ouvre Gmail. Copie le contenu de tes 10 derniers mails reçus dans le chat Claude (objet + premières lignes). Envoie.
5. Claude te renvoie une liste classée. Tu fais le tri à la main dans Gmail en suivant ses recommandations.
Et après ?
Une fois que tu maîtrises ton premier Hermes, tu as débloqué une compétence transférable. Tu peux la rejouer pour plein d'autres tâches répétitives de ta vie. Voilà mes idées pour la suite, par ordre de difficulté.
- Hermes-calendrier — un agent qui lit les demandes de rendez-vous dans tes mails, croise avec ton agenda Google, et propose 3 créneaux dans la réponse brouillon. 2 heures de plus par semaine gagnées chez moi.
- Hermes-factures — un agent qui lit les pièces jointes des mails « fournisseur », extrait le montant, la date, le nom, et range tout dans un Google Sheet. Fini la compta du dimanche soir.
- Hermes-veille — un agent qui lit chaque matin 15 newsletters business/IA, en extrait les 3 vraies infos, et te les envoie en un seul mail digest. C'est exactement ce que je fais pour AI Playbook.
- Hermes-local — la même chose mais sans envoyer le moindre mail chez Anthropic. Tu installes Ollama (gratuit) et un modèle qui tourne chez toi, et tu branches Make sur cette IA locale via une connexion technique. Pour les pros qui ne peuvent pas envoyer leurs données ailleurs. C'est ma prochaine étape.
Si tu n'as pas encore lu mon article qui pose les bases de l'IA chez toi (Ollama, modèles, comment ça marche en local), il est juste là : Faire tourner une vraie IA chez toi. C'est le complément naturel de cet article si tu veux un Hermes 100 % privé. Et si l'idée des agents en général t'intéresse, mon article Les loops Claude Code explique le principe profond derrière toute la mécanique.
Pour pousser plus loin sur les agents : Le guide complet des agents IA pose le cadre théorique, Construire un agent Gmail reprend la même mécanique sur un autre cas d'usage, et L'agent qui lit mes contrats montre comment appliquer Hermes à des PDF métier. Tu peux les lire dans n'importe quel ordre.
Trois choses à faire ce week-end
- Teste la version 2 minutes dans Claude.ai sur tes 10 derniers mails. Sans rien installer. Tu sauras en 5 minutes si l'idée te parle.
- Si oui, monte ton premier Hermes avec Make et la voie A du tuto. Compte une après-midi de samedi pour la première version qui tourne.
- Garde-le en mode étiquetage-seul pendant deux semaines avant de toucher à quoi que ce soit d'autre. Surveille, note les erreurs, ajuste les règles. C'est ce qui fait passer la précision de 78 % à 91 %.
Et si tu galères sur une étape, ou si tu trouves que je me trompe quelque part, écris-moi. Je lis tout, je réponds. C'est exactement le type de retour qui m'a fait améliorer mon propre Hermes au fil des mois — et c'est probablement ce qui me sortira un nouveau tuto pour toi dans 6 mois.
FAQ Hermes.
Combien coûte exactement un agent comme Hermes ?
Environ 8 € par mois pour traiter 6 000 mails (200 par jour) avec le modèle claude-haiku-4. Soit 0,25 € par jour. Make est gratuit jusqu'à 1 000 actions par mois, largement assez pour démarrer. Aucun autre coût caché : pas d'abonnement, pas de licence à acheter.
Mes mails passent-ils chez Anthropic quand Hermes les trie ?
Oui — Hermes envoie à Claude l'objet et un extrait du corps de chaque mail à classer. Anthropic a un engagement de non-conservation par défaut sur l'API, mais tes données transitent par leurs serveurs. Pour des données ultra-sensibles (avocat, médical, secret pro), il faut basculer sur la voie locale avec Ollama et un modèle qui tourne 100 % chez toi (voir l'article IA chez toi).
Hermes marche-t-il avec Outlook ou seulement avec Gmail ?
Make et Zapier ont tous les deux des connecteurs Outlook et Microsoft 365 officiels. Le tuto reprend exactement la même logique : tu remplaces le bloc Gmail par le bloc Outlook, le reste est identique. Si tu es déjà sur Microsoft 365, Microsoft Copilot pour Outlook (~ 22 €/mois) couvre une partie du besoin sans rien installer.
Combien de temps prend le setup complet du tuto ?
Compte une après-midi de samedi pour la première version qui tourne (création des comptes Anthropic et Make, connexion Gmail, écriture du prompt système, test sur 10 mails). Plus une heure de réglages la semaine d'après pour ajuster les règles. Au total : 4 à 6 heures pour passer de zéro à un Hermes opérationnel.
Que se passe-t-il si l'API Anthropic plante en pleine nuit ?
Make te prévient par mail dès qu'un scénario échoue. Tes mails restent dans ta boîte, simplement non triés jusqu'à ce que le service revienne. Sur 4 mois d'usage, j'ai eu 2 incidents (Make en panne ou API Anthropic saturée), tous deux résolus en moins d'une heure sans rien faire de mon côté. Aucun mail perdu.
Quelle est la sécurité de Make pour mes données mails ?
Make stocke les données traitées 30 jours par défaut pour le débogage. Tu peux baisser ce délai à 7 jours dans les réglages du scénario, ou activer le mode Data structures pour ne stocker que les variables et pas le corps des mails. Make est certifié ISO 27001 et conforme RGPD, hébergé en UE. Pour du sensible, voie locale obligatoire.
Combien de modifications faut-il faire sur le prompt système avant que ça marche bien ?
Compte 5 à 10 itérations sur les deux premières semaines. J'ai noté pendant 14 jours toutes les erreurs de Hermes dans une note Apple, j'ai vu les patterns, et j'ai ajouté 3 règles précises au prompt. La précision est passée de 78 % à 91 % en une après-midi de réglages. Ensuite, 1 modification par mois grand maximum.
Hermes peut-il gérer 1 000 mails par jour sans planter ?
Oui sans problème. Make absorbe largement (10 000+ actions/mois en plan payant à partir de 9 €/mois), claude-haiku-4 traite chaque mail en moins d'une seconde. Tu paieras environ 40 € par mois côté Anthropic pour 30 000 mails. Le facteur limitant n'est pas technique mais la précision du tri quand le volume devient trop varié.
Quelle est la différence entre Hermes et SaneBox ou Superhuman ?
SaneBox (~ 7 €/mois) trie automatiquement les mails non importants dans un dossier, sans personnalisation poussée. Superhuman (~ 30 €/mois) propose une interface premium avec des fonctions IA pré-câblées. Hermes est sur mesure, écrit avec tes vraies règles à toi, intégré à Gmail/Outlook, et coûte 8 €/mois. Plus fin mais demande un samedi de setup.
Faut-il savoir coder pour construire son propre Hermes ?
Non. La voie A du tuto (Make + Anthropic + Gmail) n'écrit pas une ligne de code : c'est du glisser-déposer dans une interface visuelle. Si tu sais copier-coller un texte et créer 2 comptes en ligne, tu peux le faire. La voie B (script Python) est pour les curieux qui veulent comprendre — elle reste 50 lignes de code prêtes à coller.
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